31/05/2011

Le Complexe du Castor


Jodie Foster signe là un très beau film sur le drame d’un père de famille dépressif (Mel Gibson) qui, après une tentative de suicide ratée, reprend goût à la vie grâce à une marionnette de Castor sur laquelle il projette le côté joyeux de sa personnalité, ou plutôt, il s’invente une nouvelle personnalité avec ce castor en demandant à tous –famille, entreprise- de s’adresser au Castor et non plus à lui. Le castor dont il ne se sépare plus jamais, lui permet de se sentir mieux, de renouer avec le succès professionnel, et même avec sa femme qui l’avait chassé de chez lui ! Le seul être sur lequel le charme du castor n’agit pas, c’est le fils aîné de Mel Gibson, qui veut à tout prix, depuis la dépression de son père, se défaire de tous les tics ou ressemblances qui le lient encore à lui!

Le film est très bien fait, Mel Gibson joue de façon si expressive et émouvante que l'on entre sans problème dans la logique de la folie... La réalisatrice semble prendre le "parti " du Castor. Plusieurs interprétations du "complexe" du castor sont possibles: le père est-il dépressif ou bien devient-il schizophrène ? Le castor est-il un pansement provisoire ou la porte d’entrée de la folie ? Quoi qu’il en soit, malgré le tort qu’il cause, le drame qu’il va faire renaître (quand l’amusement a disparu), le castor permet au moins de consolider la nature des liens familiaux : on est si proche de ceux que l’on veut haïr... Le fils lui-même se retrouvera confronté à ses propres contradictions, à travers son rejet de tout ce qui lui vient de son père... Ce film montre aussi, me semble-t-il, qu'un juste équilibre entre fantaisie et bon sens est indispensable à nos vies. Quelques très bonnes scènes comiques.


1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'ai beaucoup aimé le film, et plus particulièrement le Castor et sa façon de voir les choses. Film réaliste, car Mel est ramené violemment à la réalité à la fin.

Merci